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Cotton Claw c’est 4 mecs donc, dans la logique, 8 bras et 8 mains. Mais  c’est aussi 64 pads, une once de folie et une maîtrise de la science de la pression. Ça donne un EP, des lives furieux et bientôt un LP : Volutes qui confirme l’indécence du son produit par le quatuor.

En France, nos régions ont du talent. Dans les rayons de supermarchés, elles se livrent à une bataille à coup de produits locaux à nous faire péter le bide. Si la musique ne remet pas en question les 10 commandements de Weight Watchers, elle nous fait vibrer, bouger et pleins d’autres trucs que la décence m’oblige à ne pas expliquer. Et, pour le beatmaking, on peut voir une petite rivalité amicale se dégager.

Cette semaine dans Davy Croket, deux régions s’opposent. D’un côté la Normandie et Caen avec le talent pour la mayonnaise à la guinde faites sur les mâts (private joke expliquée précédemment) qui vient de voir l’enfant du pays : Superpoze, sortir un nouvel opus tout fou. Et, de l’autre Besançon – ou Bes’Town – ville où la saucisse de Morteau se lie d’amour à la cancoillotte. Ville où s’est réunie une équipe de VRP prêts à en découdre avec le monde pour un nouveau produit local : Volutes.

Cette équipe de promotion et de vente se nomme Cotton Claw et est le fruit de l’union entre 4 producteurs dont les noms sonnent déjà comme de généreux mets que certains connaissent déjà. Lilea Narrative, Zo aka la Chauve Souris, YoggyOne et Zerolex forment un véritable quatuor mais aussi et surtout un live band. Usant des machines pour jusqu’au bout pour exprimer leur musique.

On a, en effet, eu l’occasion d’assister à une de leur prestation – on peut pas dire autrement pour le coup – et PUTAIN QU’EST CE QUE C’EST BON ! Une recette plus qu’efficace allégées en séquences mais avec un parfait dosage de synthés massifs, mélodies granuleuses et d’arpèges à faire baver n’importe quel mec. On se retrouve face à une musique club putain d’efficace et unique par sa façon d’être.

“Mélodies granuleuses”

C’est peut être ça que l’on peut retenir de Cotton. Un style aussi agréable que le sable. Pas celui dans les chaussettes ou toute autre partie du corps mais celui d’une plage sous le soleil avec coquillages et crustacés. Chaque grain de sable, ou de son, venant s’ajouter pour donner naissance à une étendue musicale sur laquelle on aime se poser avec un petit rhum réunionnais.

Premier opus du groupe, Dusted, a permis à cette équipe de cuisiniers de mettre en place les bases de leur style à grand coups de béats infaillibles et de montées à faire rêver la jeunette qui sommeille en chacun de nous. Climax porte son nom comme il faut et Crooked laisse une once de funk s’exprimer. Le premier plat d’une longue fournée laissait déjà songer de belles choses entre les originaux et les remises qui invitent de beaux convives à la tablée. Le britannique – seul homme que j’ai pu voir porter des sandales en chaussettes avec classe – Slugabed, son compatriote Kelpe et un plus lointain Julien Mier dont le nom doit vous dire quelque chose . De quoi valider l’addition en douceur.

Un peu plus d’un an après, c’est une nouvelle invitation que l’on reçoit de la part du quatuor avec Volutes. Un album qui était dans les idées depuis le tout début : “Dusted était une belle étape, mais pour nous Volutes est l’album qu’on voulait réaliser dès le début” nous a confié le groupe. Au delà du “V” signé Momo, l’album est une leçon qui se dévore et fait passer le précédent pour un simple amuse bouche.

12 titres tous signés par les 4 producteurs qui viennent asseoir (à table?) le son unique de Cotton Claw tout en se permettant des envolées vers de nouvelles choses. Ces “volutes” viennent donner un aspect plus club aux sons et donnent une envergure live à l’album faisant de lui une véritable mine d’or pour des lives.

On est servis dès l’entrée avec un Leaps & Bounds qui laisse les doigts sautiller sur un synthé à côté de ce beat semi-massif. Si le lapin pose les œufs, il s’enfuit dès qu’il entend des bruits de pas.  Autre titre déjà dévoilé, Grainy, prend lui aussi cette allure club. La nappe s’envole et on se fait des tâches en savourant le titre mais ça fait du bien par où ça passe. On continue le repas tantôt suivis par des vocaux qui font frémir nos collègues outre-atlantique. Vient Time Trial qui pose un son plus aérien suivi d’un Vertigo tout aussi doux.

Pas de doute Cotton Claw a regardé le Top Chef de la musique pour faire mieux que Olivier – si t’as pas suivi cette phrase, c’est rien – et nous proposer un met de choix à savourer sans la moindre modération. Impossible de donner une mention spéciale à tel ou tel titre puisque tous s’enchainent sans mal et pose des ambiances toujours nouvelles mais sauçons-nous pour retenir Hold Up. Track aérien voire éthéré qui laisse place au silence de la fin du vinyle. Un frichti-frichti qui nous rappelle qu’on peut le retourner pour recommencer.

Au final, Cotton Claw est un produit bien de chez nous qu’on ne peut que vous recommander pour dégustation ou festoyer. Après un bon apéro on aura plaisir à les retrouver le 10 Avril à Paris pour une release party de Volutes. Belle occasion que de reprendre de ce plat qui ne fait pas grossir et surtout maigrir vu la prestation. Le tout sera agrémenté des prestations de l’équipe d’AntiChambre chaude comme jamais. Le menu est consultable ici et pourra s’accompagner d’un petit verre de cognac.

Les plus gourmands d’entre vous pourront même tenter leur chance et envoyer un mail au resto d’AntiChambre (antichambre.records@gmail.com) en mettant Cotton Claw Volutes en objet pour remporter un CD de Volutes offert par la maison.

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Tout l’article a été écrit avec la faim au corps et ça se sent mais, bon appétit bien sûr.

Jean-Pieral Coffe

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3 Réponses

  1. Jean Pierre

    On retrouve ni plus ni moins avec Cotton Claw un Birdy Nam Nam ou un C2C qui a troqué les platines contre des controlleurs midi en somme rien d’exceptionnel, rien de nouveau sous le soleil. Ils jouent juste la musique que les jeunes d’aujourd’hui écoutent. On sent bien le choix commercial orienté Club. Passé cet engouement autour de ces pseudos nouveauté et la coqueluche de l’électro française passera à la trappe pour un nouvelle bête de foire.

    Il y a des talents solos dans le même style qui font mieux.
    Sauf qu’il faut un boyz band pour promouvoir cette musique, qui n’a rien de révolutionnaire une fois qu’on gratte un peu la com’.

    On est bien loin de la révolution et du talent de groupe comme Kraftwerk. Mais que voulez vous, aujourd’hui on s’attache plus à la forme qu’au fond.

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    • Pieral

      Cher Jean Pierre,

      tout d’abord, merci à toi de prendre la peine de commenter un article. C’est bien trop rare pour être souligné. Avant toute chose, la lecture de ton message m’a quelque peu décontenancé par la somme de références que tu délivres pour argumenter. Tu connais Birdy Nam Nam, C2C et Kraftwerk et c’est tout à ton honneur. Par contre, il m’est impossible de comprendre le pourquoi du comment du lâcher de nom que tu fais ici.
      Histoire de faire au mieux, je vais reprendre tes arguments et revenir sur tes idées.

      Premièrement, tu fais la comparaison entre Cotton Claw et Birdy Nam Nam ou C2C La façon de faire peut en effet être rapprochée dans la mesure où il s’agit de groupes mais ça ne va pas plus loin que ça.

      « Ils jouent juste la musique que les jeunes d’aujourd’hui écoutent. » Ravi de savoir que ces 4 mecs sont aujourd’hui écoutés par les « jeunes » et que tout le monde connait déjà le beatmaking. Là encore, je suis décontenancé d’écrire sur un style que, visiblement, tout le monde a déjà entendu et dont les producteurs sont les « coqueluches » de ce que tu appelles « électro ». Petite erreur que je voulais te notifier concernant cette dénomination. Cotton Claw et les autres groupes et noms que tu ne cites pas ici ne font pas vraiment partie de la mouvance « électro ». Tout du moins, je ne savais pas que cette étiquette pouvait aller jusque là. Enfin si « engouement » il y a, aucun membre de la rédaction ne s’en est rendu compte en écoutant la radio ou les grands médias et nous nous en excusons.

      Tu parles ensuite de « talents solos dans le même style qui font mieux » et je t’accorde le fait que certains noms que tu n’as pas cité me viennent en tête et que bon nombre de ces beatmakers sont talentueux. Mais la qualité de Cotton Claw ne tient-elle pas au fait qu’ils font ça à 4 ? De là à parler d’un « boyz band », c’est un nouveau pas dans le décontenancement que je fais. Ces groupes sont formés par les majors dans un but strictement commercial avec pour l’argent simple objectif. Cela ne correspond pas vraiment à l’idée de base sur laquelle le groupe s’est formée si mes souvenirs sont bons et Cascade Records n’est pas encore arrivé à un stade où il est possible de parler d’une major. Autre différence notable, la durabilité des « boyz band » qui ne vont généralement pas plus loin que l’année ou l’album. Or Cotton Claw existe déjà depuis plus d’un an et c’est là leur second opus et certainement pas le dernier. Côté dates de tournée, on peut déjà compter sur beaucoup de dates dans beaucoup de pays. Je ne sais pas si Ozone a fait mieux et encore moins si Alliage est un groupe de métal mais là n’est pas la question.

      Enfin tu mentionnes Kraftwerk. Bravo à toi de faire le lien entre la révolution de Autobahn et celle de Cotton Claw avant de la démonter. Je n’ai pas saisi en quoi il était nécessaire de parler d’une « révolution » puisque ce mot n’ai jamais cité une seule fois dans cette article. Nous et, bien évidemment moi aussi, considérons plus Cotton Claw et leur musique comme une évolution.

      Et pour finir tu dis qu’on s’attache plus au fond qu’à la forme. Cette remarque a bien évidemment déclenché une grosse dépression chez les membres de notre équipe. Il n’est pas dans nos habitudes d’écrire sur de artistes uniquement pour la forme auquel cas tu ne devrais pas t’étonné que nos prochains articles relaient les informations sur le nouvel album de M. Pokora qui a lancé une campagne de communication assez importante.

      Malgré tout, je retiens le fait que cet album t’aura fait réagir et, dans un sens, que tu as mis de jolis noms aux côtés de Cotton Claw. C’est toujours plaisant de voir que les gens lisent et réagissent de temps en temps. Cher homonyme, au plaisir de te lire à nouveau en espérant que ma logorrhée n’aura pas réduit à néant ta motivation pour arriver au moment où je te parle de la cigarette que je vais aller fumer. Ainsi mon fond sera sans doute miteux mais sur la forme, j’aurai peut être l’air cool. Qui sait…

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    • Jim

      Hello Jean Pierre,
      C’est un peu facile comme critique… 😉

      Déjà, tous les groupes n’ont pas la prétention de révolutionner la musique…

      Ensuite, le fait d’être 4…. La comparaison avec C2C et Birdy est facile, presque inévitable mais… Est-ce qu’on fait chier tous les groupes de rock qui sont 4, en leur disant qu’ils sont comme les Beatles ? C’est juste une formule différente qui permet au groupe de jouer sans séquences pré-enregistrées…. Sans tomber dans une perf démonstrative à deux balles du style AraabMusik.
      Permet moi de te dire que tu connais mal les intentions du groupe pour juger aussi vite le projet 😉 ++

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