513445

Le très attendu Eden, film de Mia Hansen-Love, vient de sortir en salles. Portrait d’une époque à travers la vie de Paul qui n’est autre que « Sven Love » frere de Mia, DJ emblématique des soirées Cheers et figures majeur du mouvement french touch.

En structurant de façon claire et précise son film en deux parties, la réalisatrice a voulu dépeindre un monde musical à la fois utopique et illusoire. « Paradise garage », première partie, explique la montée en puissance d’un jeune DJ parisien (Sven Love), que l’on va suivre pendant tout le film. C’est en fréquentant les rave-parties parisiennes que Paul entre dans ce monde fermé de la musique. Au fil des rencontres et des soirées, il va commencer à mixer, dans son style bien particulier : le garage, mélange de house et de soul. Son ascension, modeste mais bien réelle, ne va pas l’autoriser à vivre de sa passion. La deuxième partie du film, « Lost in Music » contraste avec le succès obtenu dans sa jeunesse.

Image_7

Paul, joué par un Félix de Givry, apparaît comme talentueux aux yeux de tous. Sa musique, originale et dans l’ère du temps, plait et en séduit plus d’un(e). Mais il semble être caché, surpassé, par un duo émergent, les Daft Punk. Durant tout le film, ils seront présents. Dans une rave, d’abord, en organisateur de soirée, ensuite. Constamment ou presque, dans la bande originale, sur laquelle nous reviendrons ensuite. En parallèle au développement musical du DJ, ils rencontrent le succès alors que notre « héros » n’entrevoit lui qu’une possibilité de rembourser ses crédits dans l’organisation de soirées parisiennes éphémères.

On retrouvera David Blot (joué par Vincent Macaigne), actuellement présentateur du Nova Club, de 19h30 à 21h, sur Nova. Ce personnage, sympathique, bien interprété, apporte au film une touche amicale, un peu de folie (ce qui manque affreusement aux autres personnages, malgré la prise excessive d’énergisants en tout genre). Et Mathias Cousin, dessinateur de la BD « Le chant de la machine », joué ici par Roman Kolinka.

On pourra reprocher à la réalisatrice le manque d’émotions dans la manière utilisée pour retranscrire l’image. Même si de nombreuses relations naissent dans ces soirées arrosées, les sentiments sont filmés avec trop de froideur, il manque l’étincelle qui nous touchera, qui suscitera notre empathie, notre sympathie. On reste malheureusement stoïque devant les séparations, cependant difficiles, que subit le jeune DJ. La caméra ne semble capturer qu’une image objective, trop vide, alors que le sujet du film (et le titre) nous faisait espérer un esthétique plus affirmée (on pourrait citer en exemple Berlin Calling, de l’allemand Hannes Stöhr).

Pour rattraper ces tristes dérapages, la bande originale nous emporte au milieu des années 90’s. Nous plongeant aux côtés de Franckie Knuckles, Jay Dee ou encore Crystal Waters et les tous débuts de la French Touch, avec le premier tube des Daft Punk (Da Funk), les soirées Cheers, les clubs parisiens, légitiment le visionnage de ce film.

Conclusion 1 : Cependant, si vous n’avez vraiment pas de temps à perdre, peut-être serait-il préférable de n’écouter que la BO ? A bon entendeur…

Conclusion 2 : Mia Hansen-Love, dans ce film inspiré de la jeunesse de son frère, dépeint un contexte musical et social, qui fera naître et qui inspirera par la suite toute une génération de jeunes DJ’s. Mais elle nous montre aussi la difficulté pour se faire un nom dans ce monde ultra fermé des « héros de la nuit ».

Et si le film ne vous a pas totalement emballé, on vous conseille sans hésitation deux livres qui compléteront avec brio Eden. « French Touch » de Stéphane Jourdain et « Electro Choc » de Laurent Garnier. Suite à ça, la french touch n’aura plus de secrets pour vous ! Bref nous on retourne écouter les compilations « Respect » et « Pansoul » de Motorbass.

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.