Ayant marqué le cinéma d’action au début des années 2000, la saga Bourne prend un nouvel élan, en retrouvant au passage son acteur emblématique : Matt Damon. Loin de l’alternative présentée par « L’héritage », Jason Bourne se veut un véritable second souffle de la licence. Alors, mauvais reboot ou vrai retour aux sources ?

De « Bourne, l’héritage » à ce nouvel opus, dire qu’il y a eu des changements est un euphémisme. Paul Greengrass, réalisateur de deux des trois volets de la trilogie originale, reprend la caméra en plus d’endosser le rôle de scénariste tandis que Tony Gilroy, scénariste de tout les épisodes et réalisateur de « l’Héritage » quitte complètement le navire. Autant dire que pour relancer la machine, le travail ne manquait pas. Cela dit, c’est sans peine que la production du film a eu lieu, tant l’alchimie entre Greengrass et son acteur principal opère. En effet, le réalisateur et Matt Damon signe ici leur 4ème collaboration et affirme ensemble leur envie de mener la barque étant tout deux producteurs du long-métrage.

Après l’aspect tiède de l’interprétation de Renner et de l’intérêt tout relatif qu’apportait « L’héritage » à la saga Bourne, c’est donc un réel plaisir de se retrouver en terrain connu.

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Fidèle a lui-même, Greengrass instaure une réalisation tourbillonnante, dopée à l’adrénaline. Sa technique de caméra sur l’épaule/caméra embarquée produit toujours un effet détonnant. Ainsi, les courses-poursuites sont vives, les combats à mains nues percutants et l’action soutenue du film est définitivement portée par le brio du réalisateur. Ce dernier entreprend la démarche instaurée en 2002 : apporter un réalisme viscérale à une production dites d’action. Loin de l’aspect trop propre et souvent trop mis en scène que peut avoir un James Bond ou un Mission Impossible (pour ne citer que ceux là), Jason Bourne instaure un climat proche du documentaire, l’immersion colossale du long-métrage est permise par les moyens mis en œuvre. Ainsi par exemple une émeute a été carrément recréée, permettant non pas de « tourner une scène » mais de « filmer une situation » et le rendu final s’en ressent. Tout les choix en terme de mise en scène font sens, de la scène de course-poursuite au gigantesque chassé-croisé entre Vincent Cassel et Matt Damon, et c’est ce qui fait la grande force du film.

Cette réalisation ébouriffante vient dès lors rattraper un scénario plus convenu. Une fois n’est pas coutume, on est ici en terrain connu, suivant les aventures de l’ex-agent de la CIA toujours en quête de son passé. Si certains rebondissements sont quelques peu prévisibles et que le spectateur ne se trouve pas surpris, ça ne pose pas pour autant de problème. En perspective des précédents volets, on suit ici une continuité logique et dont la fin en semi-cliffangher permet, comme tout les opus avant lui, d’envisager facilement une suite.

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On sent que le personnage de Jason Bourne colle à la peau de Matt Damon. Toujours aussi bon dans son interprétation du héros tourmenté et quasi-animal, l’acteur affirme une fois de plus que cette saga ne peut exister que par lui, surtout lorsque c’est l’oeil de Paul Greengrass qui le supervise. Ce dernier sait capter le meilleur de Damon, permettant de susciter un regain d’intérêt certain pour l’histoire de notre protagoniste. Pour le reste, la distribution des rôles est de premier choix. Alicia Vikander intrigue dans son rôle ambiguë d’agent de la CIA, Tommy Lee Jones et Vincent Cassel remplisse leur cahier des charges et il n’y a guère de critique à faire côté casting.

Enfin, la bande-son signée par David Buckley et John Powell remplie son rôle et colle parfaitement au rythme instauré, nous gratifiant au terme des 2h de film d’un « Extreme Ways » de Moby quelque peu revisité mais toujours aussi jouissif.

Au final, Jason Bourne marque un véritable renouveau de la saga, laissant présager la sortie d’autres films dans un futur proche (c’est que l’ami Damon commence à vieillir tout de même!). Malgré quelques faiblesses d’écriture et quelques facilités inhérentes au genre, il demeure sans conteste une belle production en matière de film d’action. Un long-métrage à la réalisation impressionnante, vous laissant le souffle court. On ne peut que remercier Paul Greengrass d’avoir accepté de rempiler !

A propos de l'auteur

Rédacteur Cinéma

Spectateur compulsif de cinéma et de séries, écrivain passionné, chroniqueur web.

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