Après avoir interviewé Arnaud Rebotini lors de son passage à Poitiers il y a 1 an, nous avions envie de le revoir et d’en profiter pour réaliser une interview croisé avec Costello pour le passage des 2 artistes au BT59 au mois de mars dernier. Le jeu du questions/réponses classique à la sauce davycroket. C’est juste en dessous. 

DC : Bonjour à vous deux, déjà merci de nous accorder un peu temps J’imagine que vous avez déjà joué à Bordeaux ?

 AR : Oui ça s’est d’ailleurs très bien passé à chaque fois.

Costello : Moi aussi, moi aussi !

DC : J’ai lu dans une interview que l’une de tes envies Costello, c’était de voir Arnaud Rebotini en live, ce soir tu partages la scène avec lui, qu’est ce que ça te fait ?

 Costello : Je vais en profiter, je vais aller voir ce que ça donne. Je ne l’ai jamais vu en live, j’ai vu des vidéos des choses comme ça, mais je vais être devant et je vais kiffer comme vous.

DC : Ce soir on a deux prestations différentes, un live et un dj set, qu’est ce que tu préfères dans un live Arnaud, mis à part des instruments ?

A.R : C’est vraiment le fait de jouer de la musique, de pouvoir improviser, avec le live tu as un contrôle total, il y a une interaction qui est constante, et beaucoup plus souple qu’en DJ set. Tu joues tes propres morceaux, c’est un vrai plaisir. J’aime bien le dj set mais en live y’a une dimension en plus, tu joues avec tes synthés, tu fais monter le son exactement comme tu le souhaites.

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DC : Costello, Est ce que tu envisages un live avec tes propres compositions, dans les mois ou les années qui arrivent ?

Costello : Oui j’y pense. Ca ne serait pas un live de la même forme que celui d’Arnaud, ça serait quelques choses d’hybride. Je suis en train d’y penser, on commence à bosser dessus avec des gens de mon entourage.  Je ne sais pas sur quoi ça va aboutir, mais oui c’est un projet qui me brancherait bien. D’ici 2016 c’est quelque chose d’envisageable.

DC : Est ce que tu as une machine préférée, qu’elle soit vieille ou récente ?

AR : Ca serait une vieille obligatoirement avec mon âge (rires). Je dis souvent le même, le Roland SH-101. C’est un synthé qui ne coûte pas très cher et synchronisable avec tout. Enfin pas très cher c’est entre 600 et 800€ quand même mais pour une machine vintage c’est le prix.

D’ailleurs il y’a un discours qui m’énerve un peu sur le prix des machines. Beaucoup de gens disent que ça coûtent vachement cher. Si tu veux faire batteur dans un groupe de rock, tu vas voir l’investissement que tu vas avoir.

Costello : Même pour devenir DJ, les platines ça coûte super cher.

AR : Les instruments de musique, 1500€ c’est le billet d’entrée pour commencer sérieusement. Donc c’est pas très cher, ou du moins c’est accessible à toutes les bourses qui veulent se lancer dans la musique, et c’est une machine avec un son génial, j’en ai 2 sur scènes ce soir, avec les arpéjo, le petit séquenceur à l’intérieur, facilement utilisable en midi, synchro Ableton, et surtout synchro avec toutes les boites à rythmes. C’est la pierre angulaire pour un jeune producteur. Tu peux le garder toute ta vie de musicien.

DC : Est ce que du coup, toi aussi tu as des machines sur lesquelles tu composes ou tu composes sur ordinateur avec VST ?

Costello : Je lui en parlais un peu plus tôt. Je fais essentiellement du numérique. J’ai un petit synthé Moog dont je me sers pour pianoter ou trouver des petites notes sympas, mais j’exporte rarement ce que je fais avec. Je préfère bosser avec des VST. On a finalement deux approches différentes.

Je fais quasiment tout en numérique, j’ai des synthés virtuel que j’utilise plus que d’autres, en ce moment j’utilise le Razor, développé il y a deux trois ans par ErrorSmith (&  Native Instrument) ça marche bien, j’aime bien aussi les vieux VST, qui sorte des sons pourris mais avec un bon traitement on peut sortir des choses biens. Les émulations de Moog marche très bien également.

DC : Quel est le morceau, le label, l’artiste ou l’album qui vous a fait tomber amoureux de la musique electronique ?

 A.R : J’ai la chance d’avoir connu un peu le début. Pour ma part ça serait les premiers morceaux de Chicago, mais surtout les premiers Warps comme LFO.

 Costello : J’ai découvert la musique bien après Arnaud. Je suis rentré dedans via F Com et Laurent Garnier, et bien sur la scène américaine Jeff Mills, Kevin Saunderson des gens comme ça.

DC : Finalement vous n’êtes pas de la même génération mais vous avez quasiment  les mêmes classiques

 A.R : C’est ça, les morceaux qu’il cite sont sortis 5-6 ans après ceux de Chicago. Garnier jouait déjà à l’hacienda à cette époque.

DC : Si jamais on vous disait, tu ne peux plus faire de musiques, mixer ou faire des compos Dans quel métier pourriez vous vous lancer ? Est ce que tu pourrais redevenir disquaire comme à l’époque de Rough Trade ?

 A.R : J’adore les disques, j’achète encore énormément de disque. Je crois que oui je pourrais redevenir disquaire sans trop de problème.

 Costello : Alors là moi, je serais bien emmerder. (Rires)

 A.R : Mieux vaut ne pas avoir de solution de retour, quand tu es lancé dans la musique, il faut aller jusqu’au bout ! (Rires)

 Costello : J’ai du mal à me l’imaginer en effet. Dans le pire des cas, sans être péjoratif évidemment, si je ne peux plus composer, je pense que moi aussi je vendrais des disques ou des vinyles.

DC : Est ce que vous avez un artiste qui vous tiens à cœur en ce moment :

AR : Un groupe que j’héberge, qui s’apelle Trésor, sur le label Désir, ce n’est pas de la musique de club, mais c’est de la très bonne musique électronique.

 Costello : J’en ai pleins et je suis toujours en recherche perpétuel. Mais J’ai toujours aimé Maelstrom, on a évolué en parallèle depuis quelques années. Chez les nouveaux arrivés, je citerai Chambray de chez UltraMajic, qui a aussi fait quelques remix chez BNR, j’aime bien ce qu’il fait.

DC : Au niveau projet, est ce que vous pouvez nous dévoiler vos prochaines sorties, ou peut être des LP qui sont en train de voir le jour?

Costello : Le dernier EP est sorti il y a un moins à peine. (Ndlr Taurus, sorti chez BNR). Je suis déjà sur d’autre track ,et il y a aussi des remix qui vont sortir avant l’été, qui sortiront sur différents label, FoolsGold, Motorik, des choses comme ça.

A.R : De mon coté c’est un peu la même chose. J’ai un maxi qui est sorti un peu après le tiens que je viens de recevoir en vinyle. J’ai beaucoup de titres qui sont prêt, donc je vais voir comment je vais les sortir. Et je travaille sur un album avec Christian Zanesi, le directeur du GRM, un projet qu’on a déjà fait un live plusieurs fois qui s’appelle Frontière, c’est un mélange entre ma musique analogique et de la musique concrete qui n’est plus digitale mais ultra expérimentale. Ca sera un album expérimental sans que ça fasse mal à la tête, il n’y aura pas besoin de lire la notice, mais ça ne sera pas vraiment de la musique de club.

DC : Comment s’est passé la rencontre entre toi, Costello, et le label Boys Noise Records ?

Costello : Finalement assez simplement. J’avais des morceaux en stock, j’ai envoyé des démos à Alex, il a signé ça assez rapidement. Il les a joué, les a compilés, on est reparti sur un second EP et je pense que ce n’est pas terminé. A la base c’est une rencontre artistique, puis on s’est rencontré sur plusieurs soirées, tout se passe super bien.

DC : Est ce que tu t’attendais à autant de retomber sur ton EP, Pegasus ?

Costello : Non pas vraiment justement . Tout a été vite. Je ne peux pas dire que je m’y attendais. Ca a pris méchamment l’année dernière. Il a beaucoup tournée, j’en suis vraiment très fier, ça me rend particulièrement heureux de voir que certain dj ont pu le joué.

Chez DavyCroket, on est pas mal axé festival. Quel est le festival, dans lequel vous préférez jouer ? Que ce soit au niveau de l’ambiance ou du lieu.

A.R : Pour y jouer et kiffer c’est Calvi On the Rocks. C’était trop marrant, il y a deux ans j’ai fais Black Strobe en live, un dj set techno dans un club, et un dj set sur la plage en mode blues, country, soul. Imagine des petites meufs qui se dandinent sur Johnny Hooker sur la plage, à 18h, après avoir bu quelques rosés c’est pas mal (Rires).

Je précise quand même que le live de Black Strobe étaient très bien hein (Rires). Y’avais un coté apéro avec les potes, c’était fun.

DC : De ce qu’on a pu voir sur Calvi On The Rocks, le festival se passe d’un coté et de l’autre il y a tous les bars

 AR : C’est exactement ça, et tout les DJ viennent jouer quasiment gratos. Je pense qu’ils ont un deal avec les patrons de boite la bas, sinon ça se passerai pas (Rires)

DC : Et toi de ton coté ?

Costello : J’ai vécu un grand moment au mois de décembre à Rennes, au Trans Musicales. C’était vraiment énorme, superbe ambiance en Bretagne, j’ai eu que des bons retours. Et puis forcément Garorock puisque c’est le festival de ma région. C’est un peu la maison. Ca s’est super bien passé l’année dernière, malheureusement le lendemain du soir ou j’ai joué ça a été annulé, a cause des intempéries.

AR : A cause de toi ouais ! C’était tellement énorme. « On annule tout le reste », c’est ce qu’on m’a dit. Le set de Costello était tellement énorme que personne ne peut passer  derrière ça (Rires )

Costello : (Rires) J’étais dégouté parce qu’il y avait des gens que je voulais vraiment voir en plus !

AR : Ah moi aussi ça m’arrive souvent ça, de provoquer des annulations à cause d’un gros set (Rires)

Costello : C’était vraiment génial. Nous on a eu un super beau temps. C’est à deux pas de chez mes parents, je suis retournés manger les gnocchi chez la Mama c’était très bien !

Merci à vous les gars et à tout à l’heure dans la salle ! 

Arnaurd Rebotini & Costello : Merci à vous !

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Chef de bord

Chef de meute. Tu me trouveras quelques part entre Bordeaux, Poitiers et La Rochelle, soit dans un festival ou dans une salle de concert.

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